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Dossier thématique

Traduire en mouvement

Canan Marasligil
Cet article est une traduction de :
Translation as movement

Résumé

Traductrice, autrice et artiste en mouvement, Canan Marasligil raconte son histoire personnelle qui lui a fait traverser des langues, des pays, des cultures, des villes, des médias et des genres. Ce mouvement a alimenté une position politique qu’elle continue à revendiquer et que pour elle la traduction incarne.  

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Texte intégral

1Le jour de mon voyage d’Amsterdam au Caire, en mai 2019, j’ai publié ce texte (en anglais, que je traduis ici en français) sur mes pages Facebook et Instagram, accompagné d’une photo que j’ai prise lors d’une balade aux alentours de l’hôtel où je logeais la première nuit de mon arrivée :

aéroports, aérogares, ces lieux où
je suis la plus heureuse, d’où
l’on se dit adieu,
où :
tu embrasses l’amant·e avant d’oublier son visage à jamais,
tu enlaces le vide (après tout, tu ne récoltes que ce que tu sèmes).
je suis la plus heureuse lorsque je me pose
sur une terre inconnue
où personne ne me connaît.

où je n’ai pas déchiffré les langues

pas encore

tous mes sens prennent vie à chaque tentative
échouer, réussir et échouer mais essayer quand même
pour en saisir une expression.
toutes ces sensations :
je vis pour.
(je me retrouve dans le mouvement.)

2Fig. 1

Fig. 1

Photo : Canan Marasligil.

3Le mouvement a toujours fait partie de moi : l’histoire de migration de ma famille depuis la Turquie vers l’Europe s’étend sur plus de six décennies.

4En 1960, mon père s’est installé avec sa famille en Allemagne, où il est resté jusqu’en 1978. Il est retourné en Turquie où il a rencontré ma mère. En 1980, mes parents ont déménagé d’Istanbul à Bruxelles, avec moi. Mon père me dit qu’il ne voulait pas m’élever en Allemagne, où l’on appelait les Italiens Spaghettifresser et les Turcs Kümmeltürke. Il ne voulait pas être dans un lieu où il pourrait comprendre cette langue-là. J’avais un an quand nous avons émigré en Belgique.

5Cette même année durant laquelle mes grands-parents paternels et leurs enfants se sont installés en Allemagne, mon arrière-grand-mère maternelle, Omi, a fait de même avec son fils, mon grand-oncle. Sans mari. Il lui avait dit de quitter le pays à cause du coup d’État militaire. La première fois que je l’ai rencontrée, c’était dans notre maison de Bruxelles. J’avais 13 ans. Omi était venue avec ses deux petits-fils qu’elle élevait depuis leur enfance à Hambourg. Notre langue commune était un allemand brisé mêlé de quelques mots turcs. Brisés, nous l’étions, ainsi que joyeux.

6Grand-mère m’a dit que nous avions également des racines en Crimée et dans les Balkans. Et si je faisais un test d’ADN, probablement que d’autres géographies apparaîtraient.

7Il n’est pas étonnant que je me retrouve dans le mouvement.

Fig. 2

Fig. 2

Photo : Canan Marasligil.

8J’ai pris la photo ci-dessus dans le train Eurostar de Bruxelles à Londres en 2017. Au moment où j’ai aperçu le drapeau turc au sommet du bâtiment, j’ai souhaité le capturer pour mes archives qui avaient commencé à se développer en hashtag : #YearningforTurkish. Cette image a ensuite fait partie d’une exposition collective à laquelle j’ai participé, avec le texte d’accompagnement suivant :

Il existe une langue dans laquelle je suis née
une langue dans laquelle ma mère, mon père m’ont parlé
et me parlent aujourd’hui encore
une langue que j’utilise chaque jour qui s’unit à toutes mes autres
à chaque mouvement, je la vois partout où je me rends
une langue que je traduis.
Lorsque je marche à travers les villes,
je vois
je ressens
j’imagine
cette langue.
C’est la langue de mon cœur
que je poursuis, sans cesse.

9Cette exposition Yearning for Turkish (« le désir du turc », ou encore, « à la poursuite de la langue turque », mais aucune traduction ne me satisfait autant que ce mot « yearning ») était l’aboutissement d’un processus continu qui s’est transformé en une pratique artistique que j’ai appelée City in Translation.

10Étrangement, il a fallu que j’aille à Copenhague avant de pouvoir commencer à documenter et à exprimer ce désir, cette poursuite constante de la langue dans laquelle je suis née. J’ai pris l’avion pour Copenhague depuis Amsterdam le vendredi 17 avril 2015, pour commencer une résidence d’écrivaine à l’université. J’ai emmené toutes mes langues, expériences et sensibilités à Copenhague et là, j’ai observé, appris, fait des recherches et acquis encore plus d’expériences. C’est là que City in Translation s’est transformé en un projet.

  • 1  J’ai documenté et archivé ce processus par le biais d’Instagram @cityintranslation et le site de C (...)

11La ville de Copenhague est devenue mon premier laboratoire où la méthodologie de City in Translation a été développée et a continué à évoluer jusqu’à aujourd’hui. La base reste la même partout où je vais : je me promène dans les villes, telle une flâneuse, appareil photo à la main (et c’est généralement mon iPhone), je photographie les langues écrites, les signes et les symboles qui apparaissent dans les espaces qui m’entourent, y compris les murs, les déchets laissés par terre, les vêtements que portent les gens, les panneaux publicitaires, les noms des magasins, les objets en vitrine et plus encore1.

12Dans L’Imaginaire des langues, une série d’entretiens entre Lise Gauvin et l’écrivain Édouard Glissant, celui-ci dit : « Aujourd’hui, même quand un écrivain ne connaît aucune autre langue, il tient compte, qu’il le sache ou non, de l’existence de ces langues autour de lui dans son processus d’écriture. On ne peut plus écrire une langue de manière monolingue. On est obligé de tenir compte des imaginaires des langues. »

13City in Translation a commencé comme une activité personnelle avant de se transformer en une pratique artistique apportant des collaborations avec des institutions telles que des universités et des maisons d’édition, motivée par ma conviction permanente – tout comme Glissant – que le multilinguisme fait tellement partie des contextes dans lesquels nous vivons qu’il nous nourrit de nombreuses façons, parfois sans même que nous nous rendions compte de son impact. Mon envie personnelle de regarder les villes à travers la traduction a été la clé du développement du projet City in Translation, y compris ma propre biographie en tant que traductrice (ou : pourquoi je traduis) qui m’a amené aux différentes activités nées des traces que nous laissons dans les espaces urbains.

14Dans European Others. Queering Ethnicity in Postnational Europe, Fatima El-Tayeb écrit :

Le principe national est souvent le moyen par lequel l’exclusion a lieu : les minorités sont positionnées en dehors de l’horizon de la politique, de la culture et de l’histoire nationales, figées dans un état de migration par la désignation permanente d’une autre nationalité ; étrangère, justifiant ainsi leur définition en tant que non belge, non néerlandaise, non française, etc. (ma traduction)

  • 2  The national often is the means by which exclusion takes place; minorities are positioned beyond t (...)

15Dans ma traduction, j’ai remplacé les « danois, espagnol, hongrois » de la version originale2 par « belge, néerlandais, français » afin de refléter ma réalité.

16Cet état d’être constamment « gelée dans un état de migration » par des pratiques discriminatoires à différents niveaux – personnel, institutionnel, économique, politique – a également une incidence sur la façon dont le multilinguisme est vécu dans les villes. Née dans une famille d’immigrés turcs et ayant grandi au cœur de l’Europe dans une Bruxelles bilingue, j’ai développé une certaine sensibilité quant aux raisons pour lesquelles certaines langues ont été moins valorisées que d’autres au sein de ces diverses institutions – que ce soit à l’école ou sur le lieu de travail. Mes origines immigrées ont eu une grande influence sur la traductrice que je suis aujourd’hui, ainsi que sur mon désir de faire sortir la traduction en dehors de la page et de la faire circuler dans les rues.

17La lecture du livre d’El-Tayeb m’a inspirée à commencer à écrire de la poésie en anglais – comme ce poème ci-dessous, « frozen in migration », traduit en français par l’écrivaine Lou Sarabadzic, créant ainsi un autre mouvement : du texte académique au texte poétique. Un dialogue nécessaire, très proche de l’acte de traduction lui-même.

Mon identité suspendue

Pour Fatima El-Tayeb

je n’ai rien d’exceptionnel
mais reste rare pourtant
dans votre imagination
rien qu’une curieuse contradiction 

je ne suis pas passagère
pour vous satisfaire
au cours de votre éducation
de moi pas même une mention

je flotte dans un temps 
sans accent
sauf perçue par vous
toujours sous votre joug  

à aucun moment curieux
invariablement méfiants
vous me rangez à l’endroit pour vous le plus arrangeant

que vous ne voyiez pas
que je suis ici
depuis six décennies
ne peut suffire à me rendre invisible

je fonderai ma propre voie 
au-delà de votre langue
persisterai à exister
et non comme en annexe
de vos leçons imaginaires
je créerai
des termes nouveaux
des expressions nouvelles

puisqu’on m’a gelée
en pleine migrationje fondrai maintenant
au sein de vos consciences
pour y rester

Traduction : Lou Sarabadzic

18Ma réalité est enracinée dans le mouvement : entre les lieux, les langues, les émotions. Elle est constante et imprévisible. Au fil des années et en pratiquant diverses méthodologies autour de City in Translation, j’ai pu affirmer que : « je me retrouve dans le mouvement ».

19En français, le mot « ou » change de définition par l’absence ou la présence d’un seul accent. Je vois cela comme un mouvement aussi : se débarrasser de l’accent pour transformer le lieu – « où », en un choix – « ou ».  Et c’est un mouvement que j’ai adopté tout au long de cette pratique artistique : parce que le mouvement est aussi de la créativité. La traduction aussi est un mouvement : physique et intellectuel, entre les espaces et les langues, à travers les géographies, les contextes culturels et politiques. C’est aussi un mouvement entre les émotions : les gens s’émeuvent et bougent. J’ai le privilège d’avoir acquis une citoyenneté de membre de l’Union européenne à côté de ma citoyenneté turque à peine entrée dans ma vingtaine. Depuis lors, ma liberté de mouvement s’est considérablement accrue. Tout le monde n’a pas cette même liberté et l’une de mes envies de traduire la ville vient de cette reconnaissance et de la nécessité d’utiliser mon propre privilège pour créer des espaces où l’expression créative à travers la traduction est possible.

20Je n’ai pas toujours été consciente de mon désir de mouvement, jusqu’à ce qu’on me rappelle sans cesse qu’à Bruxelles, je n’étais jamais vraiment « chez moi ». Que ma langue était étrangère dans cette ville où j’ai grandi depuis mon plus jeune souvenir. Ce qu’on insistait sans arrêt de nommer ma « langue maternelle » m’est venue par le corps et les gestes. J’ai cherché ma langue de tant de façons, parce qu’on m’en a imposé son rejet. Cette langue dans laquelle je suis née a été rendue invisible pendant des décennies sur ces nouvelles terres où ma famille et moi n’étions que des « invités ». Aujourd’hui, par le biais de ma pratique artistique, j’essaie de la récupérer, aux côtés des nombreuses autres langues que je ne connais pas non plus. Je n’avais pas le choix d’apprendre et de parler les langues de mes hôtes, avec le temps, je les ai faites miennes aussi. Dans un sens, le turc est devenu la mère de toutes mes langues, et m’a transformée en la traductrice que je suis aujourd’hui.

21Ce mouvement constant m’a permis de tourner mes racines vers le haut, créant la possibilité d’être de nulle part afin d’être à ma place partout. Naviguer dans les espaces urbains à la recherche de langues est pour moi un moyen important d’y parvenir. Cela m’a permis de grandir en tant qu’écrivaine, artiste et en tant qu’individu, j’ai donc développé des moyens de partager cette pratique largement, avec d’autres, afin de transformer cette pratique en un outil d’« empowerement » comme le mot en anglais l’exprime si bien, ainsi que de représentation et de récupération de ces espaces qui nous ont été retirés ou interdits. Invitée à diverses résidences par des universités, des institutions locales, des festivals ou par des maisons d’édition, j’ai pu expérimenter la méthodologie de City in Translation dans des lieux tels que Hénin-Beaumont dans l’ancienne zone minière du nord de la France ou à Lancaster en Angleterre. Plus je travaille dans ces lieux, plus la méthodologie devient flexible, y compris en ce qui concerne les langues. Par exemple, alors que j’ai commencé à ne documenter et à travailler qu’avec des langues qui ne sont pas la langue « officielle » d’une ville que j’explore, je suis maintenant passée à une définition plus ouverte, incluant les langues locales puisque celles-ci peuvent également faire partie du processus de traduction. Chaque lieu a son propre contexte politique et culturel qui aura un effet sur la façon dont les langues existent dans un espace. Parfois, toutes les langues ne sont pas immédiatement visibles, et c’est en m’engageant auprès des communautés locales que j’en apprends plus sur l’existence du multilinguisme de ces lieux.

22Je crois fermement au pouvoir de la traduction pour créer des espaces d’expressions, ainsi qu’à la possibilité des langues de nous faire imaginer au-delà des identités imposées. J’ai écrit le poème suivant en anglais (ci-dessous ma traduction) il y a quelques années, également inspiré par ma lecture du livre de Fatima El-Tayeb :

plurielle

ma parole compte plus de langues que vous
mes sensations, plus de proverbes
ma colère, plus de jurons
ma perception du monde, plus de gros titres

mon imaginaire
ne connaît aucunes limites
depuis que j’ai appris la possibilité
de rêver dans plusieurs langues
d’aimer dans une multitude de poèmes
de trouver la liberté dans la pluralité

j’en ai assez de vous justifier mon existence

ma présence sur cette terre est multiple
et légitime

ce syndrome de l’imposteur m’a quitté
le jour où j’ai accepté
mon identité plurielle

Fig. 3

Fig. 3

Photo : Canan Marasligil.

23J’aimerais terminer cet article en retournant au Caire, et plus particulièrement à une nuit du ramadan où j’ai passé des heures avec un incroyable groupe de femmes pendant l’iftar. Si quelques conversations se sont déroulées en anglais, la majeure partie de la soirée s’est déroulée en arabe. En dehors des mots arabes utilisés dans les langues turque et française, ce n’est pas une langue que je parle, lis ou comprends. Pourtant : j’ai adoré chaque instant de ces échanges. J’ai capté l’énergie de chacune de multiples façons et cela m’a fait réfléchir aux défis et aux opportunités du multilinguisme, et à la manière de dépasser l’idée que la communication devient impossible lorsque les différentes langues ne sont pas comprises par tous et toutes (et donc l’idée très « exclusive/excluante » que pour appartenir à un lieu, il faut connaître la langue de ce lieu – et pire encore : supposer que l’espace n’a qu’une seule langue, et que cette langue n’est que « parlée »).

24Entouré par les sons, les gestes et les écritures d’une langue que vous ne connaissez pas, vous faites un choix :

vous pouvez être frustré et vous lamenter sur le fait que vous ne comprenez pas et laisser votre énergie se transformer en négativité à tel point que vous cessez d’être présent·e dans l’environnement où vous vous trouvez (ou pire : crier à la personne qui parle cette langue qui vous est étrangère, avec colère qu’elle devrait quitter l’espace que le nationalisme et le racisme interiorisés vous font croire que vous y avez plus droit que cet « autre »),

ou vous acceptez l’inconnu, vous écoutez, vous observez, vous vous permettez de vous sentir hors de votre zone de confort, vous acceptez que certaines choses vous manqueront et que c’est très bien ainsi. Vous vous en sortirez. Vous essayez de capter quelque chose qui vous parle, ici et là : un geste, un son, tout ce qui déclenche en vous certaines sensations. Ensuite, vous pouvez vous joindre à l’histoire, peut-être que ce mot que vous avez entendu ressemble à un mot que vous connaissez au fond de votre propre histoire ?

25Ce nom de rue, par exemple, sur la photo ci-dessus, ressemble à mon nom de famille. Je suis libre de faire cette association, de me rajouter dans l’histoire de ce quartier cairote de cette manière, à travers mon histoire et mon imaginaire. Est-ce une désillusion ? Non : il s’agit créer des récits ensemble, dans l’ouverture et la solidarité. Il s’agit ici de faire le choix de l’amour et de l’acceptation, au lieu de la haine et de l’exclusion. Cela demande de l’effort et de l’imagination. C’est exactement ce que je fais, dans ma pratique de la traduction, d’écriture, dans ma vie quotidienne et tout au long de mon travail.

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Bibliographie

El-Tayeb, Fatima, European Others. Queering Ethnicity in Postnational Europe, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2011.

Glissant, Édouard, L’Imaginaire des langues (Entretiens avec Lise Gauvin 1991-2009), Paris, Gallimard, 2010.

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Notes

1  J’ai documenté et archivé ce processus par le biais d’Instagram @cityintranslation et le site de City in Translation. [En ligne] https://www.cityintranslation.com/ [consulté le 6 avril 2021].

2  The national often is the means by which exclusion takes place; minorities are positioned beyond the horizon of national politics, culture, and history, frozen in the state of migration through the permanent designation of another, foreign nationality that allows their definition as not Danish, Spanish, Hungarian, etc.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1
Légende Photo : Canan Marasligil.
URL http://www.hybrid.univ-paris8.fr/lodel/docannexe/image/1468/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 336k
Titre Fig. 2
Légende Photo : Canan Marasligil.
URL http://www.hybrid.univ-paris8.fr/lodel/docannexe/image/1468/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Fig. 3
Légende Photo : Canan Marasligil.
URL http://www.hybrid.univ-paris8.fr/lodel/docannexe/image/1468/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 900k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Canan Marasligil, « Traduire en mouvement », Hybrid [En ligne], 07 | 2021, mis en ligne le 15 juin 2021, consulté le 26 octobre 2021. URL : http://www.hybrid.univ-paris8.fr/lodel/index.php?id=1468

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Auteur

Canan Marasligil

Canan Marasligil est écrivaine, artiste multimédia, traductrice littéraire, éditrice, créatrice et animatrice de podcast et de programmes culturels, basée à Amsterdam. Elle s’intéresse à la remise en question des récits officiels et à la défense de la liberté d’expression par le biais d’un large éventail de projets et d’activités créatives, allant de la littérature au cinéma et à la bande dessinée. Elle est la créatrice de City in Translation, un projet explorant les langues et la traduction dans les espaces urbains, et coanimatrice du podcast Not Loud Enough, avec la fondatrice de Migrationlab, Laura M. Pana. Canan a travaillé avec des organisations culturelles dans toute l’Europe et a participé à des résidences au Free Word Centre à Londres (2013), à WAAW au Sénégal (2015), à l’université de Copenhague (2015), à La Contre Allée à Lille (2017), à l’université de Lancaster (2018) et Mine de culture(s) dans le Bassin minier en France (2019-2020).

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